samedi 17 janvier 2026

Lutte contre le mal et Amour selon Mère



Agenda 


10 janvier 1961


Comment coopérer à la guérison du mal et de la laideur que l’on voit partout ?... Aimer ? Quel est le pouvoir de l’amour ? Et comment un phénomène de conscience individuel peut-il agir sur le reste des hommes ?


Comment coopérer à la guérison du mal et de la laideur ?... On peut dire qu’il y a une sorte d’échelle hiérarchique de collaboration ou d’action ; une coopération négative et une coopération positive.

Pour commencer, il y a un moyen que l’on pourrait appeler négatif ; c’est celui que donnent les religions bouddhiques et similaires : ne pas voir. D’abord être dans un état de pureté et de beauté suffisant pour ne pas avoir la perception de la laideur et du mal – c’est comme quelque chose qui ne vous touche pas parce que cela n’existe pas en vous.

Ça, c’est la perfection de la méthode négative.

Elle est très élémentaire : ne jamais remarquer le mal, ne jamais parler du mal qui est chez les autres, ne pas perpétuer les vibrations par l’observation, la critique, l’insistance sur le fait mauvais. C’est ce que le Bouddha enseignait : chaque fois que vous mentionnez un mal, vous l’aidez à se répandre.

C’est en bordure du problème.

Pourtant, ce devrait être une règle très générale, mais ceux qui critiquent ont réponse à cela ; ils disent : «Si vous ne voyez pas le mal, vous ne pourrez jamais le guérir. Si vous laissez quelqu’un dans sa laideur, il n’en sortira jamais.» (Ce n’est pas exact, mais c’est comme cela qu’ils légitiment leur action.) Alors, dans cet aphorisme, Sri Aurobindo répond d’avance à ces objections : ce n’est pas par ignorance pure, par inconscience ou par indifférence que vous ne voyez pas le mal – vous êtes capable de le voir et même de le sentir” mais vous refusez de collaborer à son expansion en lui donnant la force de votre remarque et l’appui de votre conscience. Et pour cela, il faut que vous soyez, vous-même, au-dessus de cette perception et de cette sensation ; il faut que vous puissiez voir le mal ou la laideur sans en souffrir, sans être choqué, sans être gêné. Vous le voyez d’une hauteur où ces choses n’existent pas, mais vous en avez la perception consciente – vous n’en êtes pas affecté, vous êtes libre. Ceci est un premier pas.


Un deuxième pas, c’est d’être conscient positivement de la Bonté et de la Beauté suprêmes qui sont derrière toutes choses et qui supportent toutes choses, leur permettent d’exister. Quand vous Le voyez, vous êtes capable de Le percevoir derrière ce masque et cette déformation – même cette laideur, même cette méchanceté, même ce mal est un déguisement de Quelque chose qui est essentiellement beau ou bon, lumineux, pur.


Et alors vient la vraie collaboration, parce que, quand vous avez cette vision, cette perception, que vous vivez dans cette conscience, cela vous donne aussi le pouvoir de tirer Ça dans la manifestation, sur la terre, et de Le mettre en contact avec ce qui, pour le moment, déforme et déguise, de telle sorte que, petit à petit, cette déformation et ce déguisement sont transformés par l’influence de la Vérité qui est derrière.

Ici, nous sommes tout en haut de l’échelle de la collaboration.

De cette façon, il n’est pas nécessaire de faire intervenir le principe d’amour dans l’explication. Mais si l’on veut connaître ou comprendre la nature de la Force ou de la Puissance qui permet et qui accomplit cette transformation (et surtout quand il s’agit du Mal, mais aussi de la laideur dans une certaine mesure), on voit que c’est évidemment l’Amour qui, de tous les pouvoirs, est le plus puissant, le plus intégral – intégral, en ce sens qu’il s’applique à tous les cas. Il est plus puissant même que le pouvoir de purification qui dissout les mauvaises volontés et est le maître en quelque sorte des forces adverses, mais qui n’a pas le pouvoir direct de transformation, parce que le pouvoir de purification dissout d’abord pour reformer après, il détruit une forme pour pouvoir en faire une meilleure, tandis que l’Amour n’a pas besoin de dissoudre pour transformer : il a le pouvoir direct de transformation. L’Amour est comme une flamme qui change ce qui est dur en une chose malléable et qui sublime même cette chose malléable en une sorte de vapeur purifiée – ça ne détruit pas : ça transforme.

Dans son essence, dans son origine, l’Amour est comme une flamme blanche qui a raison de toutes les résistances. On peut soi-même en faire l’expérience : quelle que soit la difficulté dans son être, quelle que soit l’alourdissement des erreurs accumulées, les ignorances, les incapacités, les mauvaises volontés, une seule seconde de cet Amour – pur, essentiel, suprême – dissout comme dans une flamme toute-puissante. Un seul moment, et tout un passé peut disparaître ; un seul instant où on touche Ça dans son essence, et tout un fardeau est épuisé.




jeudi 1 janvier 2026

Pour un foyer d'harmonie selon Mère



Dans La découverte suprême, opuscule de Mère écrit en 1912, il y a ce passage sur L'harmonisation qui peut nous inspirer aujourd'hui : 


"À ce sujet un sage a dit :


“ Je voudrais que chacun de nous en vint au point d'apercevoir le Dieu intérieur qui réside même dans le plus vil des êtres humains ; au lieu de le condamner, nous dirions : “ Surgis, Être resplendissant, toi qui es toujours pur, qui ne connais ni la naissance ni la mort, surgis, Tout-Puissant et manifeste ta nature ”.


Conformons-nous à cette belle parole et nous verrons tout se transformer comme par miracle autour de nous.

Voilà l'attitude d'amour vrai, conscient, perspicace, de l'amour qui sait voir derrière les apparences, comprendre malgré les mots, et qui, à travers tous les obstacles, communie constamment avec les profondeurs.


Que pèsent nos impulsions et nos désirs, nos angoisses et nos violences, nos souffrances et nos luttes, toutes ces péripéties intimes dramatisées indûment par notre imagination déréglée, que pèsent-elles devant ce grand, ce sublime, ce divin amour penché sur nous du plus profond de notre être, indulgent à nos faiblesses, redressant nos erreurs, cicatrisant nos plaies, baignant notre être tout entier de ses effluves régénérateurs ?


Car la Divinité intérieure ne s'impose point, ne réclame point, ne menace point ; elle s'offre, elle se donne, elle se cache, elle s'oublie au sein des êtres et des choses ; elle ne blâme point, elle ne juge ni ne maudit ni ne condamne, mais elle est à l'œuvre sans cesse pour perfectionner sans contrainte, réparer sans reproches, pour encourager sans impatience, pour enrichir chacun de tous les trésors qu'il peut recevoir ; elle est la mère dont l'amour enfante et nourrit, garde et protège, conseille et console ; elle comprend tout, c'est pourquoi elle supporte tout, elle excuse et pardonne tout, elle espère et prépare tout ; portant tout en elle, elle n'a rien qui ne soit à tous, et parce qu'elle règne sur tous elle est la servante de tous ; c'est pourquoi ceux qui, petits ou grands, veulent être rois avec elle et dieux en elle, se font, comme elle, non point despotes mais serviteurs parmi leurs frères." 


https://revolution-lente.coerrance.org/docs/La%20m%C3%A8re%20-%20La%20D%C3%A9couverte%20Supr%C3%AAme.pdf











mardi 2 décembre 2025

Qui sont pour nous Sri Aurobindo et Mère ?

Photomontage d'Amita Guha Roy 


 Notre chemin du yoga intégral est une aventure dont le territoire a été défriché par Sri Aurobindo et Mère. 

A quelle aventure nous convient-ils ?

A celle du Devenir évolutif, à celle de l'incarnation charnelle et matérielle de la Joie et de la Paix, de la Vérité et de l'Amour. 

La vie est un immense fleuve avec une multitude de courants si bien qu'on n'en voit pas bien le sens. Bien sûr, les sciences nous permettent de savoir qu'il y a une évolution du vivant et de l'univers. Elles nous apprennent que le scandale évolutif n'est pas d'abord que nous ayons des ancêtres communs avec toutes les autres formes de vie ; le scandale de l'évolution est que nous ne sommes ni son aboutissement ultime ni surtout pas le sommet de l'évolution. Notre conscience mentale n'est certainement pas le sommet de l'évolution de la conscience : ces derniers temps, sur cette terre, notre arrogance mentale ne nous mène qu'à plus de confusions. Nous invitant à plus de modestie mentale, Sri Aurobindo nous permet de saisir un horizon ensoleillé par delà la crise évolutive que notre terre traverse. Il nous invite à découvrir intérieurement que le Devenir a un flux principal, la Mère divine. Le chemin est de relier tous les courants en nous à ce flux, la force conscience de Mère. Grâce à Sri Aurobindo, avançant sur le chemin, nous découvrons concrètement en quel sens douce Mère, celle à qui il confia son ashram est une incarnation de la Mère divine, l'intelligence du Devenir de l'univers.

Le Devenir évolutif est l'incarnation matérielle de la Joie Divine dans son intensité illimitée. Derrière toutes les dérives du courant principal du Devenir, il y a un mensonge qui travestit la Joie Divine en souffrances, en douleurs. Oui, il s'agit de discerner qui nous alimentons, la perpétuation du mensonge ou le Divin en nous ?



Douce Mère, elle, nous permet de mieux comprendre qui est Sri Aurobindo et quelle est son action. 

Du point de vue du chemin évolutif, elle nous indique deux pouvoirs spirituels nécessaires pour servir la manifestation de la conscience de Vérité et mettre fin aux travestissements du mensonge. Il y a, bien sûr, d'une part, le pouvoir d'action que génère l'offrande progressive de soi à la Mère Divine, car ne rêvons pas ! une telle offrande ne peut être que progressive. Ensuite, d'autre part, il y a la nécessaire acquisition d'une égalité intérieure à toute épreuve. Un tel pouvoir ne peut pas être obtenu par notre effort seul. C'est la Paix du Seigneur à laquelle il faut nous ouvrir et qu'il s'agit de laisser imprégner notre individualité. 

Notre Mère divine, le Devenir est inséparable du Seigneur, l'Être. Douce Mère commence par nous amener aux pieds du Seigneur. Elle nous invite au milieu du chaos apparent du Devenir à trouver la Paix du Seigneur, à nous laisser transformer par Son regard éternel qui, seul, en révèle l'Harmonie. Et relisant Sri Aurobindo, avec Mère, nous comprenons de plus en plus qu'il incarne lui-même le Seigneur, ce regard harmonieux de l'Éternel sur Lui-même, qui lumineusement surgit des ténèbres lumineuses de la Paix en laquelle il s'enveloppe.  

Nous observons d'ailleurs les premiers fruits de cette action transformatrice. Tout autour de nous, nous voyons, en effet, la soif spirituelle de paix grandir. Retour à la nature, méditation, relaxation, aspiration au silence, etc. sont entrés dans nos vies sociales à pas feutrés. 

Mais cette Paix encore engoncée dans ses ténèbres lumineuses ne donne pas bien sens au Devenir. Eclairés par Mère, Sri Aurobindo se révèle, pour nous, cette présence vivante du Seigneur, cette émanation du Suprême, qui nous initie à Son regard innombrable au-delà de la conscience mentale. Sri Aurobindo, émanant du Suprême, nous fait entrer dans l'Harmonie consciente du Devenir.

Pour nous, Sri Aurobindo et Mère ne sont pas simplement des enseignants spirituels, ce sont des forces, des actions du Seigneur suprême et de la Mère divine, à l'origine de toutes choses. Leur grâce et leur Amour nous précipitent dans une transformation évolutive amenant Paix et Joie, Vérité et Harmonie sur la terre.

En vivant ensemble, nous voulons participer à incarner cette Harmonie nouvelle à laquelle Mère et Sri Aurobindo travaillent. 


Œuvre de Niranjan et Amita Guha Roy 




vendredi 28 novembre 2025

Aspiration pure

Soyons co-créateurs, dit-on.

Co-créateur est un mot doux pour l'individualité. Car l'individualité est précieuse : c'est l'enfant de l'Amour créateur. 

Au fond de nous, de cette individualité de ce qu'elle est en vérité, il y a l'aspiration simple d'être un instrument du jeu créateur de la Mère et du Seigneur. L'aspiration la plus pure y est sans objet, une page blanche.

Oui qu'il n'y ait rien que Toi Seigneur par la grâce de Mère !




mercredi 26 novembre 2025

Vers le regard innombrable

 



Aujourd'hui, en enseignant la maïeutique de Socrate qui affirme n'avoir aucun savoir mental mais juge la qualité de l'accouchement d'une âme, un pressentiment de ce regard innombrable a surgi. 


La carte du chemin qui comprend la psychisation, de la spiritualisation et de la supramentalisation s'est précisée intuitivement.


Il est apparu qu'une âme est une conscience paradoxalement singulière et grosse d'un être universel. Elle est singulière, irréductible à un point de vue mental général. Elle est singularité indicible non séparée, elle est, dans son émergence, prise de conscience d'une communion des âmes en leur engendrement en l'Un. Une âme  accouchée de plus en plus parfaitement verra de mieux en mieux les âmes tout en communiant avec elles. La monade spirituelle de l'âme accédera à la présence des autres monades spirituelles. Elle verra de plus en plus, en chaque âme, la goutte divine. Dans sa plénitude d'être et de devenir, elle vivra ce regard Un et innombrable de la fragmentation amoureuse du Divin jusque dans l'atome, chaque atome étant une goutte du Divin. Par sa chair indissociable du monde, la monade spirituelle et charnelle de l'âme transformée par l'action de la Mahashakti et les décrets du Suprême incarnera ce regard innombrable en un corps. Cela passera d'un pressentiment à un être incarné doté de ce regard innombrable. Ce regard sera la vision omnipotente d'une matière qui pourra prendre dès lors la forme que cette vision lui intime. 


Serge




Spiritualisation et Amour

 Sur le chemin en compagnie d'Adhya Shakti JoieJoli,


Qui sommes-nous ? de quoi résultons-nous et qu'est-ce que nous devenons ?

Le jeu d'Amour de Mahashakti et du Suprême est la clé de ce que nous sommes.

Notre âme résulte de ce jeu d'amour : une goutte de Suprême, notre Père, entourée de la substance de Mahashakti, notre Mère divine.

La vérité de notre devenir ? Non pas un désir pulsionnel, mais plutôt une plénitude d'aspiration de notre âme, et surtout d'abord le jeu de la Paix et de la Joie. 

La Paix infinie du Suprême est diffusée par Joie débordante de Mahashakti et a lieu l'émergence de toujours plus de Joie grâce à la réceptivité de la Paix.

Et dès lors, partout et sur tous les plans, Sat Chit Ananda en formes sculptées, en gestes de formes.

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Le Soi est la conscience infinie au-delà de l'ego. La conscience infinie est la condition de possibilité d'une conscience réfléchie d'un ego.

Le Soi est d'abord ténèbres lumineuses lorsqu'il illumine consciemment l'ego et le champ de perception du monde.

Deux aspects du coeur du Soi peuvent émerger : 

- l'âme, notre personne vraie en croissance en amont de l'ego en périphérie du Soi ;

- le jîvâtman, notre Moi absolu.

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Le jîvâtman est la conscience de la monade que nous sommes, la conscience du microcosme enveloppant dans son devenir le macrocosme. 

Nous étions conscient du Soi océan dans lequel nous étions une goutte. 

Prenant conscience en Soi, le Jîvâtman fait constater : 

L'océan du tout est dans la goutte.

Et cette prise de Conscience du jîvâtman est spiritualisation véritable au-delà de la psychisation, la prise de conscience d'une âme au cœur du Soi.

La prise de Conscience du jîvâtman est celle d'un Moi monadique. C'est un Moi absolu, éternel en son fond, surplombant et enveloppant le Devenir du tout dans la transformation de sa monade. L'âme en est une expression.

Sur ce chemin de prise de conscience du Moi monadique,

Soudain, il y a seulement Moi !

Et merveille, tellement de Toi.s !

Joie de l'Amour !

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Qu'est-ce qu'est en train de devenir ce monde ?

De la matière Joie Consciente.

Rien que le rebord de cette tasse en verre dit déjà le cercle de l'Amour Divin différencié dans son unité.

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Comment va-t-on vers l'expérience de ce devenir matière Joie Consciente ?

Par aspiration et Conscience force.

La Conscience force est la dynamique évolutive du jeu d'Amour entre le Suprême et Mahashakti.

Elle est  l'action de Mahashakti, Mère au service du Suprême ; elle descend du dessus de la tête dans ce corps et à travers ce corps. 

L'aspiration n'est pas un désir. On ne désire que pour soi moi-je ou en fonction de soi moi-je. L'aspiration est celle du Soi avec une âme : c'est le divin en nous, le Moi, qui aspire au divin en tout. L'aspiration est un paradoxe de joie plénitude et de soif inextinguible, plénitude du Divin et soif inextinguible du Divin.

L'aspiration pure de l'âme s'avère aussi aspiration du jîvâtman, du Moi au-dessus de la tête, et en parallèle l'aspiration s'étend dans le vital vrai au niveau du ventre puis dans le vital inférieur vrai au niveau du pubis.

L'aspiration en grandissant et se purifiant au lieu d'être centrée sur la croissance et la libération de cette seule âme dans ce seul corps devient une aspiration consciente du jîvâtman pour toutes les âmes et toute la vie matérielle terrestre. 

La transformation ici devient inséparable et indiscernable de la transformation là-bas. C'est un même tissu. La joie et la paix en se frayant un passage dans la transformation d'ici, transforment là-bas.

La Conscience force descend dans le muladhara, le centre au niveau du périnée, dans les jambes, jusqu'en dessous des pieds.

La Joie devient de plus en plus consciente dans les cellules elles-mêmes.

A un moment, l'aspiration la plus pure, et non une imagination, émerge aussi dans les cellules.

La conscience force abreuve cellules et objets soi-disant inanimés, mais pleinement conscients en fait, conscience transformée avec les cellules tansformées en contact.

La matière Joie est la matérialisation en cours du jeu d'Amour du Suprême et de Mahashakti.

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samedi 22 novembre 2025

A propos de la prise de conscience de l'être psychique par lui-même

 


Bonjour,


Je suis heureux de ce moment partagé à venir.

Je n'ai pas de recette pour faciliter la croissance de l'aspiration et par là l'émergence du psychique avec le processus de psychisation.

Car cet ensemble met en jeu la constitution de la personne vraie, qui est unique pour chacun.

Quand c'est l'heure de la psychisation, Mère crée des circonstances extérieures qui font écho aux difficultés internes qui font obstacle. 

Ainsi les circonstances suscitées par Mère favorisent en nous la réponse la plus favorable à notre croissance.

Amita, étant elle un instrument de Mère, elle concentre assurèment de telles circonstances. Moi, je ne suis souvent encore qu'un piètre serviteur de Mère et Sri Aurobindo, mais il y a du progrès.

Il n'y a pas de différence entre vie spirituelle et vie mondaine : on comprend que les forces de conscience incarnées par Mère et Sri Aurobindo ont la main sur toutes les circonstances y compris dans les détails ! All life is yoga, dit Sri Aurobindo au début de la Synthèse des yogas. Certains ne le sentent pas, nous nous commençons à le ressentir.

Mais il y a aussi des éléments de personnalité qui sont à l'avant-garde de l'influence psychique. A un certain stade, je n'avais pas clairement conscience de cela. Je ne discernais pas bien les désirs de l'ego spirituel et la présence de l'aspiration psychique sur des aspects personnels. Développer la capacité de cette distinction entre le désir égoïque, le désir spirituel et, d'autre part, l'aspiration psychique est une expérience décisive vers la prise de Conscience de la flamme psychique.

C'est cette alliance entre l'action de Mère et nos éléments influencés psychiquement qui vont former des éléments nouveaux de personnalité qui manquaient à l'émergence.

Pour moi, il y avait un fou amoureux du Divin qui dans une vie passée avait déjà ouvert la porte entre la surface et le psychique. Cette personnalité psychisée s'est re-découverte. 

La dévotion peut se faire discrète dans le centre du cœur, c'est un enfoncement à l'intérieur et pas forcément avec une extériorisation en même temps. L'amour dévotionnel va s'enfoncer. Et la porte vers la caverne secrète du cœur où brûle la flamme va s'ouvrir de plus en plus souvent.


Et selon Sri Aurobindo, va avoir lieu un basculement : l'amour que j'ai pour le Divin devient l'amour du Divin lui-même pour le Divin. L'enfant du Divin est par SA NATURE MÊME un être dévotionnel. 

Plus la dévotion devient naturelle, plus on se rapproche donc du basculement. 


On n'est plus en train de tendre vers la flamme psychique, c'est elle désormais qui se répand à travers nous et prend les rênes. 

Et c'est toujours elle qui a mené le jeu, car sa dynamique a toujours été celle de Mère.

Même si un reste d'ego demeure, c'est un saut majeur.  


Fraternellement, enfants divins de notre douce Mère et du Seigneur,


Serge