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| Mère à la barre - Tableau de Niranjan Guha Roy |
A tous,
Dans son essence, que représente l’école de Notre-Dame ?
Et qu’est-ce que les personnes qui y résident, sont censés y faire ?
Voici, reprise, la définition rédigée ensemble sur « L’Art de vivre ensemble à Motherland », avant même que l’école de Notre Dame ne soit « trouvée » :
[…] Motherland aspire à être une terre d’évolution et de transformation, à la fois psychique, spirituelle et supramentale vers l’émergence progressive d’un être nouveau.
[…] La sincérité, la présence à l’instant et la joie intérieure soutiennent l’abandon confiant à la Mère Divine. Chacun est invité à s’ouvrir à Son action, dans le respect de son propre rythme et de son processus de transformation.
L’école de Notre Dame à Inguiniel est un lieu intermédiaire destiné à accueillir un noyau intitulé le cœur. Actuellement 8 personnes sont désignées comme en faisant partie et certains d’entre nous ont visualisé que ce groupe pourrait atteindre, à terme, 12 personnes.
Les 12 personnes qui seront sur le lieu définitif auront donc cheminé ensemble et auront un degré d’harmonisation suffisant pour être le cocon favorisant l’émergence du nouvel être.
Mère disait :
<< Personne n’est aller là ! Personne n’a fait ça, c’est un début, un début universel. C’est par conséquent une aventure absolument inattendue et imprévisible… Je vous convie à la grande aventure. Il ne s’agit pas de refaire ce que les autres ont fait avant nous, parce que notre aventure commence PAR-DELA. IL s’agit d’une création nouvelle, entièrement nouvelle, avec tout ce qu’elle comporte d’imprévu, de risques, d’aléas —une VRAIE aventure, dont le but est une victoire certaine mais dont la route est inconnue et doit être tracée pas à pas dans l’inexploré. Quelque chose qui n’a jamais été dans cet univers présent et qui ne sera plus de la même manière. […]>>
Nous continuons le chemin de Niranjan et Amita, unis psychiquement par la Mère. Le lieu définitif que nous sommes en train de créer s’appellera Motherland, à la suite de l’actuel petit sanctuaire à Baden.
Mère leur avait confié une mission. A nous de nous montrer à la hauteur de leurs œuvres poétiques et spirituelles…
D’ailleurs, pour éviter toute fausse modestie, nous parlons de « favoriser l’émergence de l’être nouveau ». Il n’est pas question d’ego là-dedans, mais une commande de Mère et chacun contribue à la hauteur de ses capacités et avec sa propre teinte.
La taille du lieu ? Nous n’en savons rien ! Sera-t-il le plus grand ? Rien non plus ! Et cela n’a aucune importance !
L’important est de se poser sincèrement la question : « Ai-je la foi et suffisamment confiance pour collaborer à cette aventure ? Est-ce ma juste place dans l’école de Notre Dame et plus tard, Motherland ?
Si, très sincèrement, je réponds « non » à cette question, c’est parfait ! Il n’y a aucune obligation à participer avec nous. C’est qu’un autre chemin s’ouvre à moi.
Amaryllis, Josée, Maryline, Serge,
Dans les mains de Mère, aux pieds du Seigneur, Om Namo Bhagavaté
Le Cœur de l’École de Notre Dame, Tout est Possible
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| Oasis - Tableau de Niranjan Guha Roy - symbole de notre association "Tout est possible" |
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Ce texte n'ayant suscité que peu de réaction parmi les récipiendaires, je me permets d'en exposer des conséquences pratiques dans les commentaires qui suivent afin de vraiment prendre à bras à le corps les difficultés d'harmonisation qui traversent notre noyau :
Tout d'abord,
quelques conséquences sur
# l'importance d'assurer la protection physique de chacun des membres du noyau :
Certes un tel être nouveau ne saurait subir aucun dommage suite à des violences psychologiques, la paix le protégera de toute attaque de cet ordre. Toutefois sa seule faiblesse au début consistera à apprendre à s'immuniser des attaques physiques dues à des forces vitales physiques contre-évolutives. Parmi ces forces, il y a celles exercées par violence physique.
Nous devrions être ferme et inflexible, si l'un d'entre nous exerce une violence physique, il devra s'éloigner du cœur dans les plus brefs délais.
Tout acte de violence physique implique donc une sortie du noyau du lieu de transition ou final, vers un des cercles plus éloignés.
Transition vers une deuxième conséquence de notre raison d'être :
Il s'agit d'assurer ainsi l'émergence de l'être nouveau au sein du noyau en co-évolution avec les cercles visibles et invisibles des âmes en évolution dans l'humanité.
Cette notion de cercles autour du noyau reste approximative, peut-on décrire mentalement ce qui met en jeu du supramental ? Ce n'est pas en tout cas une hiérarchie, mais la réalité naturelle d'une évolution de plus en plus consciente d'un écosystème imbriquant émergence de l'espèce nouvelle et adaptation des espèces anciennes.
Nous considérerons donc quelques conséquences
# Sur pouvoir et autorité dans notre cœur et notre association "Tout est possible" :
Si nous constituons une harmonisation en direction d'un tel horizon, nous devons admettre un paradoxe :
une telle harmonisation suppose une reconnaissance de l'égale dignité de toutes les âmes la constituant,
C'est une expérience de certains d'entre nous, le fond de nos êtres psychiques est une âme, une individuation du divin lui-même,
et, en même temps, et c'est ce second point qui suscite paradoxe avec le premier,
certaines âmes étant plus dévoilées que d'autres, il faut admettre une inégalité spirituelle et devenir capable de se mettre à l'écoute de ceux qui sont plus dévoilés que les autres.
Reformulons ce paradoxe sous un autre angle :
Imaginons que l'être nouveau soit là, doté d'une nouvelle conscience bien au-delà de la conscience mentale, lui demanderions-nous de se taire sur son discernement ? Nous passerions-nous de son autorité ?
Car lui ne s'attache pas au pouvoir, il est entièrement soumis au pouvoir du Divin, soumis à Mère et au Suprême, mais, de ce fait, il a une autorité naturelle pour nous ouvrir au véritable pouvoir en nous.
Et si certains d'entre nous avant que l'être nouveau émerge, atteignent à la supramentalisation au-delà de la psychisation et la spiritualisation allons-nous les faire taire au nom de l'égalité de tous ?
Allons-nous nous contenter de parler d'immodestie et d'arrogance spirituelle si l'un d'entre nous témoigne d'expériences que nous n'avons pas et nous indique des éléments de discernement ?
Satprem et Sujata se sont écartés d'Auroville après avoir été chassés de l'ashram. Le pouvoir humain partagé et démocratique non relié à Mère montre ici sa faillite. Et, après eux, Niranjan et Amita ont dû quitté eux aussi l'ashram où ils demeuraient silencieux.
Le pouvoir humain partagé même démocratiquement sombre bien vite dans une tyrannie de la majorité et une disharmonie faute de reconnaître l'autorité dévoilée en une minorité !
Le danger du pouvoir humain partagé à l'encontre du surhomme vrai dans une institution censée promouvoir la supramentalisation est un fait avéré. Comment ne pas réitérer cela ?
Prendre au sérieux notre raison d’être suppose d'être sensible à une forme de distinction à préciser entre autorité et pouvoir au sein de notre noyau.
Comment relier notre pouvoir partagé démocratiquement au pouvoir seul réel du divin ? Comment donc reconnaître parmi nous ceux en qui l'autorité du divin est plus dévoilé ?
Je propose dans l'immédiat que les présents à l'Ecole de Notre Dame aient autorité sur les nouveaux arrivants pendant une période de noviciat. Ceci ne contredisant pas leur participation de plein pouvoir à notre association Tout est possible et à toutes les décisions collectives ne concernant pas leur appartenance finale au noyau.
Leur inclusion finale dans le noyau sera conditionnée à un discernement de la qualité dynamique de perfectionnement de l'harmonisation autour de l'émergence de l'être nouveau que leur présence produit dans le noyau et au-delà. L'unanimité du noyau devrait être la règle.
Si nous étions conséquents, cette inclusion finale dans le noyau devrait passer pour chacun dans la vie physique en présentiel dans le lieu de transition pour le moment.
L'appartenance virtuelle au noyau depuis la nouvelle Mayapur et/ou par la suite est insuffisante. L'harmonisation est physique ou n'est pas car l'émergence de l'être nouveau est physique ou n'est pas.
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Un texte de Sri Aurobindo pour méditer sur l'inégalité spirituelle : la floraison de l'Esprit en l'homme
"Mais pourquoi plusieurs naissances humaines successives et non pas une seule ? Pour la même raison qui a fait de la naissance humaine elle-même un point culminant de la succession antérieure, de la série montante qui l’a précédée. Il faut qu’il en soit ainsi de par la nécessité même de l’évolution spirituelle. Car en parvenant simplement à l’humanité, l’âme n’a pas achevé ce qu’elle avait à faire ; elle doit encore élever cette humanité jusqu’à ses possibilités les plus hautes. Il est bien évident que l’âme logée dans un indigène des Caraïbes ou dans un primitif ignorant ou un apache parisien ou un gangster américain n’a pas épuisé la nécessité de la naissance humaine, ni réalisé toutes ses possibilités et toute la signification de l’humanité, ni réalisé tout ce que signifie Sachchidânanda dans l’Homme universel. Et non plus l’âme logée dans un Européen vitaliste qui se préoccupe uniquement de production dynamique et de plaisir vital, ou dans un paysan asien absorbé par la routine ignorante de la vie domestique et économique. Nous serions justifiés à douter que même un Platon ou un Shankara marque le couronnement — et par conséquent la fin — de la floraison de l’Esprit en l’homme. Nous sommes tentés de supposer qu’ils en indiquent la limite parce qu’eux et d’autres encore nous semblent le point le plus élevé que puissent atteindre le mental et l’âme de l'homme, mais cela peut être une illusion que nous donnent nos possibilités actuelles. Il peut y avoir une possibilité plus haute, ou tout au moins plus vaste, que le Divin a encore l’intention de réaliser en l’homme et, si tel est le cas, les marches construites par ces âmes supérieures sont précisément ce qui était nécessaire pour édifier la route qui y monte et pour en ouvrir les portes. En tout cas, il faut atteindre au moins ce point le plus élevé qui ait été touché jusqu’ici avant que nous puissions écrire le mot « Fin » en bas de la récurrence de la naissance humaine pour l’individu. L’homme est ici pour quitter l'ignorance et la petite vie qu’il représente dans son mental et son corps et pour s’élever à la connaissance et à la vie divine plus vaste qu’il peut embrasser par un déploiement de l’esprit.", Sri Aurobindo, La vie divine, III, p.171.
 | | Les nouveaux êtres par Niranjan Guha Roy |
# Ce que notre aspiration évolutive nous commande relativement à la question de l'harmonisation. Comme nous le disions précédemment, chacun est au plus profond un espace physique et temporel de dévoilement du Divin. Sri Aurobindo et Mère distinguent trois processus de dévoilement du divin : - la psychisation ou le dévoilement individuel du divin en nous ; - la spiritualisation ou le dévoilement universel et transcendant du divin par nous ; - la supramentalisation ou le dévoilement du divin dans la matière physique, la mutation de notre corps humain. Ces trois processus se superposent suivant différents modes d'inconscience et de conscience. Si nous considérons l'émergence de l'être nouveau comme l'horizon premier de notre noyau, il doit y avoir une dynamique d'harmonisation du noyau liée à une psychisation consciente et une spiritualisation consciente en vue d'une supramentalisation consciente. Cette dynamique d'harmonisation est dès lors exigeante. Son rythme ne comprendra guère de répit pour l'ego qui demeure au niveau du vital inférieur et du mental physique, même pour un être suffisamment psychisé et spiritualisé. Au sein du noyau dont l'horizon est l'accueil de l'être nouveau, un psychique suffisamment spiritualisé devrait par conséquent être un prérequis indispensable. Creusons ce qui paraît un prérequis dans l'horizon de faciliter l’accueil d'un être nouveau. La psychisation est commune à tous les êtres humains en un sens (sauf exception rarissime), mais elle est plus ou moins consciente et dévoilée en l'humanité de chacun. Quand elle commence à être consciente, elle n'en reste pas moins soumise comme à un état de double nature. "Tout
être humain a une double nature s'il n'est pas né Asoura, Râkshasa ou
Pishâtcha, et même ceux-ci, s'ils sont incarnés, ont un être psychique
dissimulé quelque part, du fait de leur humanité latente. Mais
par être double (ou double nature, dans ce sens particulier), on entend
ceux dont l'être est nettement divisé en deux parties fortement
contrastées et qui sont encore incapables d'exercer sur elles une
maîtrise qui les relierait l'une à l'autre. Tantôt ils sont attirés vers
les sommets et alors tout va bien, tantôt ils sont attirés par les
abîmes et indifférents aux sommets ou n'ont même pour eux que sarcasmes
et railleries et lâchent la bride à l'homme inférieur. Ou encore ils
substituent aux sommets un volcan qui fume dans l'abîme. Ce sont des
exemples extrêmes, mais d'autres, sans aller jusque là, sont tantôt une
chose tantôt le contraire. S'ils convertissent l'homme inférieur
ou découvrent leur être central, un tout harmonieux et vrai pourra se
créer.", Sri Aurobindo, Lettres sur le yoga, les difficultés sur le
chemin. Elle peut se voiler momentanément pendant que des forces vitales, des limitations mentales, etc. reprennent le dessus. Il y a alors des alternances plus ou moins conscientes de dynamiques proprement psychiques et et de dynamiques anti-évolutives. Être accueilli dans un noyau, dont l'horizon est la facilitation de l'émergence de l'être nouveau, supposerait d'être dans une dynamique de libération de la double nature. Cela supposerait donc de ne plus balancer entre le divin et le vieil homme, cela supposerait de ne plus balancer entre la consécration sincère à la nouvelle conscience et la prolongation de l'ancienne conscience. Le dévoilement individuel du divin devrait être suffisant pour que tous les désirs soient désormais regardés avec circonspection. Seule l'aspiration au divin devrait prédominer. Le vital inférieur serait suffisamment transformé pour que le champ d'action principal du processus évolutif en cours soit celui des pulsions, des nerfs et du physique... Ceci devrait être attendu pour toute personne entrant dans un "noviciat" d'harmonisation au sein du noyau dont l'horizon est l'accueil de l'être nouveau. « Il [notre yoga] ne peut pas être fait si l’on persiste à identifier les bassesses de l’Ignorance à la Vérité divine ou même à la vérité moindre permise sur le chemin. Il ne peut pas être fait si l’on se cramponne à son moi passé et à ses vieilles formations, ses vieilles habitudes, mentales, vitales et physiques. Il faut constamment laisser derrière soi ses moi passés pour voir, agir et vivre à un niveau de conscience de plus en plus élevé. Il ne peut pas être fait si vous réclamez la “liberté” pour votre mental humain et votre ego vital. Toutes les parties de l’être humain ont le droit de s’exprimer et de se satisfaire comme elles l’entendent, à leurs risques et périls, si tel est le choix de l’homme tant qu’il mène la vie ordinaire. Mais prendre le chemin du yoga, dont le seul objet est de substituer à ces choses humaines la loi et le pouvoir d’une Vérité plus grande, et dont la méthode est essentiellement une soumission à la Shakti divine, et continuer en même temps à revendiquer cette prétendue liberté, qui n’est rien d’autre qu’un esclavage à certaines forces cosmiques ignorantes, c’est se complaire dans une aveugle contradiction et revendiquer le droit de mener une double vie. « Et surtout ce yoga ne pourra s’accomplir si ceux qui font profession d’être ses sâdhak persistent à être les centres, les instruments ou les porte-parole des forces de l’Ignorance qui s’opposent à son principe même et à son but et les nient ou les tournent en ridicule. D’un côté il y a la réalisation supramentale, la descente incomparable du pouvoir supramental divin, la lumière et la force d’une Vérité infiniment plus grande que toutes celles qui furent déjà réalisées sur terre, quelque chose, par conséquent, qui dépasse ce que le petit mental humain et sa logique considèrent comme les seules réalités permanentes, quelque chose dont il ne peut pas concevoir ni percevoir la nature, la manière et les processus de développement ici-bas par ses propres instruments inadéquats, ou qu’il ne peut pas juger par ses mesures puériles. En dépit de toutes les oppositions, c’est cela qui fait pression d’en haut afin de se manifester dans la conscience physique et dans la vie matérielle. De l’autre côté, il y a cette nature vitale inférieure avec toute son arrogance prétentieuse, son ignorance, son obscurité, sa stupidité ou son agitation incompétente, qui lutte pour sa propre survie, lutte contre la descente, refuse de croire à la réelle réalité ou à la réelle possibilité d’une conscience et d’une création supramentales ou surhumaines, ou, plus absurde encore, exige, si cette conscience existe vraiment, qu’elle se conforme à ses propres petites mesures ; qui se saisit avidement de tout ce qui semble la réfuter, nie la présence du Divin (car elle sait que, sans cette présence, le travail est impossible), affirme bruyamment ses pensées, ses jugements, ses désirs, ses instincts et, s’ils sont contrecarrés, se venge en répandant le doute, la négation, les critiques méprisantes, la révolte et le désordre. Telles sont les deux forces en présence maintenant, entre lesquelles chacun devra choisir. Mais cette opposition, cette obstruction stérile, ce blocus contre la descente de la Vérité divine ne peuvent pas toujours durer. Chacun doit finalement prendre position d’un côté ou de l’autre. La réalisation supramentale ne peut pas coexister avec une ignorance inférieure persistante ; elle est incompatible avec toute satisfaction prolongée dans une double nature. », Sri Aurobindo, Lettres sur le Yoga, 1987, vol. 5, p. 260-261. Pour aller plus loin, en cliquant ici, vous pouvez consulter les commentaires de cette lettre de Sri Aurobindo donnés par Mère lors de l'Entretien du 21 avril 1951 -
 | | Œuvre de Niranjan Guha Roy |
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