mardi 30 juillet 2024

Trouver la quatrième dimension, c'est trouver son psychique et le Divin selon Mère

Mystère - œuvre d'Amita et Niranjan Guha Roy


 AGENDA de Mère 


8 FÉVRIER 1973


L’être psychique, c’est le représentant du Divin dans l’être humain. C’est cela, n’est-ce pas : le Divin n’est pas quelque chose de lointain et d’inaccessible ; le Divin est en vous, mais vous n’en êtes pas complètement conscients. Vous avez plutôt... ça agit maintenant comme une influence plutôt que comme une Présence. Il faut que ce soit une Présence consciente, que vous puissiez à tout moment vous demander comment... comment le Divin voit.

C’est comme cela : d’abord comment le Divin voit, et puis comment le Divin veut... et puis comment le Divin fait. Et ce n’est pas s’en aller dans des régions inaccessibles : c’est ICI-MÊME. Seulement, pour le moment, toutes les vieilles habitudes et l’inconscience générale mettent comme une couverture qui nous empêche de voir et de sentir. Il faut... il faut lever... il faut soulever ça.

Au fond, il faut devenir des instruments conscients... conscients... conscients du Divin.

D’habitude, ça prend toute une vie, ou quelquefois pour certains, c’est plusieurs vies. Ici, dans les conditions actuelles, vous pouvez le faire... en quelques mois. Pour ceux qui ont une aspiration ardente, en quelques MOIS ils peuvent le faire.

(Mère reste concentrée quelques moments)


Vous avez senti quelque chose?


(L’un des professeurs : ) Il y a eu une descente spéciale ?

Il n’y a pas de «descente» ! c’est encore une idée fausse. Il n’y a pas une «descente». C’est quelque chose qui est TOUJOURS là, mais que vous ne sentez pas. Il n’y a pas une descente, c’est une idée tout à fait fausse.

Vous savez ce que c’est que la quatrième dimension?


On a parlé de ça...


Vous avez l’expérience?


Non, douce Mère.


Ah! mais c’est justement l’approche la meilleure de la science moderne : la quatrième dimension. Le Divin, pour nous, c’est la quatrième dimension. C’est... à l’intérieur de la quatrième dimension. C’est partout, n’est-ce pas – partout, toujours. Ça ne va pas et vient : c’est là toujours... partout. C’est nous, notre imbécillité qui empêche de sentir. Il n’y a pas besoin de s’en aller... du tout, du tout, du tout.

Pour être conscient de votre être psychique, il faut une fois être capable de sentir la quatrième dimension, autrement vous ne pouvez pas savoir ce que c’est... Mon Dieu !

Il y a soixante-dix ans que je sais ce qu’est la quatrième dimension – plus de soixante-dix ans.


Douce Mère - Œuvre d'Amita et Niranjan Guha Roy


dimanche 28 juillet 2024

La Méditation en action, éviter les pièges du Soi statique sur la voie de Sri Aurobindo et Mère


La paix éternelle - œuvre de Niranjan Guha Roy


Pourquoi faudrait-il séparer la paix, l'immobilité, la méditation naturelle de l'Être, d'une part, et la Joie, le mouvement, l'évolution créatrice du Devenir, d'autre part ? 

Entrent-elles comme en concurrence pour prévaloir ? 

Le feu psychique de l'individuation du Devenir qui grandit depuis les profondeurs du cœur ne brûle-t-il pas dans le calme, la paix et la tranquillité du Soi ? Une douceur du cœur n'émane-t-elle pas de cette union entre Paix et Joie, Être et Devenir ? 

Mère et Sri Aurobindo conseillaient parfois d'aller voir Ramana Maharshi pour améliorer la réceptivité de la force de transformation qui secouaient et déséquilibraient fortement...

 Ce chemin commence véritablement à devenir une évolution consciente de la conscience quand la conscience force de Douce Mère produit l'émergence psychique. Et tout le monde n'en ressent pas l'aspiration. L'exigence vaut pour ceux qui sont concernés. La douceur aidera ceux qui n'en sont pas là : la paix intérieure est un terreau favorable qui peut permettre à l'homme mental encore fort animal à ne pas s'en prendre à des êtres psychisés soumis à la Mère divine en qui la transformation se fera. 

Sri Aurobindo ne dénonçait une posture statique de la paix spirituelle intérieure que dans le contexte des lettres écrites pour guider les sadhaks qui disaient suivre son chemin et selon sa perspective expérimentale qui découvre des pièges dans cette posture. 

Par exemple, sur le chemin de Sri Aurobindo et Mère, le Soi réalisé statique comme étranger à la manifestation ne doit pas être un refuge, un alibi spirituel pour l'inertie. Certes la volonté de progrès de l'ego ne va pas sans un ego spirituel faux. Mais tant que la Mère divine et le Seigneur Suprême n'agissent pas spontanément en nous depuis leur regard innombrable où connaissance et mouvement ne font qu'un, tant que la volonté psychique n'est pas bien établie en nous, il faut nous bien encore recourir une volonté mentale de progrès. Et, sur ce chemin évolutif, même si le Soi statique, le témoin est réalisé, il nous faut aspirer, rejeter et nous soumettre. 

Du point de vue de la force de conscience de Sri Aurobindo, il parait curieux d'évoquer l'abandon au Soi pour renoncer à tout progrès quand, éveillé au Soi, on reste le jouet des désirs. Quel est cet abandon au Soi qui voudrait étouffer les conflits intérieurs entre nos désirs et notre aspiration, l'amour pur du beau, du bien et du vrai ?

Sur le chemin de Sri Aurobindo et mère, la paix se met en mouvement, l'immobilité se trouve dans le mouvement et donc le mouvement dans l'immobilité. Sur ce chemin, il faut en passer par l'approfondissement de la vacuité silencieuse qui ressemble comme à un vide existentiel, qui s'éprouve comme une pauvreté de sens mental, pour s'ouvrir à la conscience force transformatrice. 

Ce mandala Sahasrara, si on est un témoin statique concentré sans tension en son centre, allie immobilité et mouvements.


Sri Aurobindo n'a jamais un comportement religieux consistant à condamner les autres approches spirituelles, il a juste donné à chacune sa juste place dans son yoga intégral. 

En gros, comprenne qui pourra... 

Prosélytisme et publicité sont humains trop humains... 

Le feu de la douceur devant lequel le mensonge n'a plus prise. C'est cela qui manifestera cette apocalypse, la divinisation de la terre en train d'avoir lieu.


Serge



Article commencé le 27/01/2024


Mère bénissant la Terre - Œuvre de Niranjan Guha Roy


mardi 23 juillet 2024

Le sourire de Mère

 

Mère - tableau de Niranjan Guha Roy


 Mon petit « sourire », 


Pour que le sourire devienne vraiment « éternel » vous devez apprendre à me parler aussi librement quand vous êtes auprès de moi que lorsque vous êtes dans votre chambre. Aussi il vaudrait mieux ne pas se fâcher, et si cela arrive, il vaut mieux oublier vite sa colère ; et si cela n’est pas possible, alors il faut me raconter tout simplement ce qui s’est passé pour que je puisse effacer la colère de la conscience de mon « petit sourire » et lui redonner la joie et la paix que je veux qu’il ait toujours. 


Avec mes bénédictions bien affectueuses,


Mère


1931


Douce Mère souriante - tableau de Niranjan Guha Roy


lundi 22 juillet 2024

La perfection Divine selon Mère

 



Agenda


7 juillet 1961


[Sri Aurobindo, Aphorismes et pensées, Jnâna, 68 :] Le sens du péché était nécessaire pour que l’homme puisse se dégoûter de ses propres imperfections. C’est le correctif que Dieu apportait à l’égoïsme. Mais l’égoïsme de l’homme déjoue les stratagèmes de Dieu parce que l’homme s’intéresse médiocrement à ses propres péchés, tandis qu’il observe avec zèle les péchés des autres.


(Mère rit) C’est admirable !


En tout cas, voilà. Alors poser une question comme cela, c’est encore se mettre dans l’attitude de ceux qui font une distinction entre ce qui est Divin et ce qui n’est pas Divin, ou plutôt ce qui est Dieu et ce qui n’est pas Dieu. « Comment est-ce qu’il peut être faible?... » – C’est une question que je ne peux pas poser.

[Satprem : ] Je comprends bien. Mais on parle de la Lîlâ, du jeu divin, c’est donc qu’il est, en quelque sorte, en arrière, qu’il n’est pas vraiment «dans le coup» comme on dit, qu’il n’est pas vraiment dans le jeu, qu’il peut le regarder.

[Mère : ]

Si-si, Il l’est ! Il l’est totalement. Le Jeu, c’est Lui-même.

On parle de Dieu, n’est-ce pas, mais il faudrait se souvenir qu’il y a toutes ces gradations de conscience, et quand nous parlons de Dieu et de son Jeu, nous parlons de Dieu dans son état transcendant, en dehors de tout, tous les degrés de matière, et quand nous parlons du « Jeu », nous parlons de Dieu dans son état matériel. Alors nous disons: Dieu transcendant est en train de regarder et de jouer (en Lui-même, par Lui-même, avec Lui-même) son jeu matériel.

Mais tout le langage – tout le langage ! – est un langage d’Ignorance. Toute la façon de s’exprimer, tout ce que l’on dit et la façon dont on le dit est nécessairement de l’ignorance. Et c’est pour cela qu’il est si difficile d’exprimer quelque chose qui soit concrètement vrai ; cela demanderait des explications qui, elles-mêmes, seraient pleines de fausseté (naturellement) mais enfin qui seraient extrêmement longues. C’est pour cela, quelquefois, que les phrases de Sri Aurobindo sont très longues, c’est justement quand il veut essayer de sortir de ce langage ignorant.


C’est la façon de penser qui est fausse!


Tous les croyants, tous les fidèles (ceux d’Occident en particulier), quand ils parlent de Dieu, pensent que c’est «autre chose» ; ils pensent qu’il ne peut pas être faible, laid, imparfait, que c’est quelque chose d’immaculé – ils pensent faux : ils divisent. Ils séparent [3]. La « perfection », pour la pensée subconsciente (ce que j’appelle la pensée subconsciente c’est une pensée qui ne se réfléchit pas: on a l’habitude de penser comme cela instinctivement et on ne se regarde pas penser), et quand on dit «perfection» d’une façon générale, justement on voit ou on sent ou on postule l’ensemble de tout ce que l’on considère comme vertueux, divin, beau, admirable – mais ce n’est pas ça du tout ! La perfection, cela veut dire quelque chose dans quoi il ne manque rien. La perfection divine, c’est une totalité. La perfection divine, c’est le Divin tout entier dans lequel il ne manque rien. La perfection divine, c’est l’ensemble du Divin, duquel on n’a soustrait aucune chose – alors c’est juste l’opposé ! pour les moralistes, la perfection divine, ce sont toutes les vertus qu’ils représentent !




LA PAGE BLANCHE selon Niranjan Guha Roy




La page blanche

Ces derniers jours, j’ai remis en question ma plus haute aspiration. J’ai trouvé qu’il y avait une possibilité d’erreur même dans cette aspiration, spécialement quand on pense à l’aspiration en termes pratiques de la vie et du travail. Il est légitime d’aspirer à une vie divine, à une guidance et bien sûr si nous n’avons pas la volonté fondamentale d’obéir à la commande divine alors il ne peut y avoir de développement spirituel effectif. Mais je trouve qu’à cause de l’imperfection de notre nature (il y a encore tant de choses qui doivent être transformées) on peut mal interpréter cette volonté divine.


Il y a seulement une solution à ce problème : rejeter totalement de notre conscience autant que possible toutes les formulations au sujet de notre discipline spirituelle ou de notre travail, devenir le silence, la page blanche.

 Nous ne disons plus au Divin ce que nous aspirons à être ou à faire, mais nous remettons notre vie et tout notre être ; tout ce que nous sommes entre ses mains, à sa vision créatrice. Qu’Il nous utilise selon sa volonté. Nous n’avons plus aucun choix, aucune prédilection excepté la joie d’être modelé par Sa volonté. Alors nous voyons le miracle de cette nouvelle relation avec le Divin. La moindre responsabilité d’être ou de faire nous est enlevée et c’est le Divin qui commence à agir en nous et à travers nous. Il y a une réorientation radicale. On peut dire que tous nos efforts passés nous ont fait arriver à ce point : l’abolition de soi. Avant on nous donnait des ordres ou des commandes de faire certaines choses, maintenant le Divin agit à travers l’âme soumise directement. C’est Lui qui consciemment fait l’effort évolutif qui doit être fait afin d’établir la conscience divine sur la terre jusqu’au jour ou même la divinisation du corps émergera. C’est Lui qui à travers les instruments maintenant purifiés fait l’effort d’achever ce qui est possible maintenant sur terre.


Niranjan Guha Roy




Mère, dans le même sens que Niranjan disait :

<< Il faut être capable de faire taire sa tête absolument et être complètement détaché, ne pas avoir (par exemple quand on cherche la solution d'un problème), ne pas avoir déjà dans sa tête la solution qui vous semble juste ou la meilleure ou la plus rentable. Ça ne doit pas être là. Vous devez « devenir absolument comme un papier blanc, sans rien dessus. Et vous procédez ainsi, avec une aspiration très sincère à connaître la vérité, sans supposer au préalable que ce sera comme ça ou comme ça ; car sinon vous ne verrez que votre propre formation. La toute première condition est que la tête doit se taire complètement pendant le temps que l'on observe. >>

(CWM 5 : 279-280)

mercredi 17 juillet 2024

Quel est le travail d’un vrai chercheur spirituel ? selon Niranjan Guha Roy

Œuvre d'Amita et Niranjan Guha Roy


Quel est le travail d’un vrai chercheur spirituel?


Il y a seulement une réponse valide – devenir de plus en plus conscient du Divin, de progresser dans son union avec Lui, d’être formé et recréé par la conscience divine dans les conditions et circonstances créées par la sagesse suprême.

Il y a une attitude mentale très forte et pas très éclairée qui nous dit que, si nous faisons tel ou tel travail, nous aurons alors une plus grande possibilité de réalisation spirituelle ou que nous pourrons beaucoup mieux l'aider. A la surface cette attitude semble tout à fait logique. Mais avec une plus profonde analyse cela ne semble pas toujours être vrai. Des êtres ont réalisé le Divin dans des circonstances peu favorables et des êtres spirituels ont entrepris un travail qui n’est pas considéré comme spirituel. La vérité est que nous sommes encore hypnotisés par le mental qui dirige notre vie. Si notre aspiration est sincère alors un pouvoir suprêmement amical intervient et arrange les choses et les événements exclusivement pour notre progrès spirituel. Sa seule préoccupation est le progrès de notre conscience. Par sa grâce nous réalisons que à moins que la conscience ne soit transformée rien n’est réellement acquis. Le progrès de la conscience ne dépend pas des choses, événements ou circonstances, mais exclusivement de l’aspiration de l’ âme et de l’intensité de son aspiration. C’est aussi un fait que quand on est dans la vraie conscience, dans un état de vraie aspiration, on réalise avec gratitude que les circonstances les plus favorables pour le progrès de la conscience nous sont données.

Comme nous apprenons à abandonner toute initiative personnelle dans les mains du Divin avec une foi inébranlable, on devient conscient d’un pouvoir suprême qui forme notre travail pour nous. Ce n’est plus un choix personnel mais un mandat du Très Haut. Ce n’est plus tellement que le travail nous prépare pour la vie spirituelle, mais plutôt que le progrès de la conscience prépare toute notre vie et travail futur. Même après qu’on a réalisé le Divin, s’il subsiste quelque attachement pour quelque forme de travail particulier cela peut être un obstacle sérieux pour le travail du Divin dans le monde.

Comme nous progressons dans la conscience nous réalisons que le travail est seulement un mouvement de la conscience. Le Divin veut unifier le monde. Le Pouvoir divin est au travail, Chit Shakti réalisera cette unité. Comme nous grandissons en identité avec le Divin et sa volonté, nous aussi agirons comme Il agit dans et à travers la Conscience. Tout travail est un mouvement de conscience. De devenir de plus en plus conscient du Divin jusqu’à ce que nous puissions dire en toute simplicité, il y a seulement le Divin et rien d’autre, personne d’autre dans l’univers et au delà car c’est devenu la totalité de notre expérience et conscience est le seul travail valable pour nous qui aspirons à la vie spirituelle.

Ayons une foi totale dans le Divin et acceptons n’importe quel travail et circonstance qu’Il crée pour nous sachant que tout ce qu’Il fait pour nous est pour notre bien le plus haut car Il ne peut en être autrement. Le Divin est notre seul but.


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Niranjan Guha Roy 1983


Œuvre d'Amita et Niranjan guha Roy


Esseulement angoissant, nostalgie criante de l'amour, et te voici dans les bras de la douce Mère divine

Œuvre de Frédérique Lemarchand
      


  Au fond cette vie est un voyage du Seul vers le Seul. De l'Amour qui se cherche nostalgiquement dans une boule de chair vers le Seul Amour qui s'aimera innombrablement se reconnaissant enfin en tout et partout, à travers son propre corps univers. 


Alors notre esseulement est un pas encore peu sûr vers le Suprême, un abandon lent, un peu acide amère, un cri sourd de besoin dans le cœur d'un enfant qui cherche sa Mère divine, une angoisse poignante qui s'ignore prière mais qui se retournera feu 🔥🔥🔥 sans fumée, Agni brûlant tout au fond de la grotte du cœur... C'est le lent décèlement du mystère silencieux des ténèbres lumineuses à endurer. 


 Voici, nous avançons dans la nuit, plus rien ne nous satisfait. Absurde ? appauvri, vide, la boussole de la foi sur un fil...


Et encore et encore égaré. Tant et tant de temps... et là l'inattendu, une perle de Joie première, un or d'amour illimité, le sourire d'un flux de présence opaline qui ne nous a jamais quitté, sa douceur rosée...


Se laisser esseuler, se laisser appauvrir, dévider, creuser, ne plus résister, se laisser abolir pour n'être que ce chaton transporté dans la gueule de sa Mère...


Serge


Janvier-février 2024


Œuvre de Frédérique Lemarchand